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Vincent Monnier « ne pas croire que des tweets vont sauver le journalisme »

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Vincent Monnier est journaliste au service Enquête de L'Obs. Entré à l’IFP en 1997, il commence à travailler pour le magazine deux ans plus tard et gravit peu à peu les échelons.

Quel souvenir gardez-vous de l’IFP ?

A l’époque, le DESS venait de changer de dénomination, passant des spécialités un rien contradictoires  « Journalisme et Communication » à « Journalisme » tout court. Il n’y avait pas de grands moyens, des salles exigües, peu de matériel mais tout cela était compensé par une volonté de bien faire et un réel enthousiasme. Je garde de très bons souvenirs de cette période.

 

Quels professeurs vous ont le plus marqués ?

D’abord Raphaëlle Bacqué, la journaliste du Monde, chez qui on sentait la passion du métier chevillée au corps. C’est le genre de rencontre qui ne peut que vous conforter dans votre vocation. Je me souviens aussi de la drôlerie de Gérard Grizbec, journaliste à France 2, et du savoir encyclopédique de Jean-Pierre Collignon, le chef du service correction du journal Le Monde.

 

Vous sortez de l’IFP un an plus tard…et vous trouvez immédiatement du travail ?

Non, pas du tout ! Après la sortie de l’IFP, il y eut 6 mois compliqués. J’ai connu le lot de la plupart des aspirants journalistes : des candidatures sans retour, des appels sans réponse, des « on vous rappellera » en guise de formules de politesse. J’avais même fait des tableaux Excel pour comptabiliser le taux de retour par rapport aux lettres envoyées : il ne dépassait pas les 5% ! Un quotidien m’avait proposé une offre défiant toute concurrence : un an de stage non rémunéré, non défrayé, non « ticket-restaurantérisé ». Et j’ai presque hésité avant de décliner…

 

Comment avez-vous réussi à intégrer la rédaction du Nouvel Observateur ?

Un jour, j’ai décroché un stage au service Société à L’Express. Mon tout premier papier, sur les « Débiteurs Anonymes », a été cité dans la revue de presse de France Inter. Les collègues ont cru que je connaissais la journaliste. Ils m’ont gardé un mois, puis deux, et je suis devenu pigiste. J’avais mis un pied dans la porte. J’ai essayé ensuite d’y passer la jambe. En 1999, j’ai commencé à piger pour l’Obs. Et je suis toujours Place de la Bourse (locaux du Nouvel Observateur ndlr).

 

Vous avez depuis effectué toute votre carrière là bas ?

Après avoir été pigiste, pigiste plus régulier, pigiste régulier, rédacteur au Paris Obs, je suis désormais rédacteur en chef adjoint du TéléObs. Par ailleurs, je collabore régulièrement à l’édition espagnole de Vanity Fair.

 

Auriez-vous des conseils à donner aux jeunes journalistes ?

Je leur conseillerais d’abord de lire « Monographie de la presse parisienne » et « Illusions Perdues », de Balzac. Les meilleurs manuels sur la profession : tout y est dit. Ensuite, de faire preuve d’audace et d’abnégation ; de se méfier de l’auto-censure, bien plus redoutable à mon avis que la censure. Et enfin, de ne pas croire que des « tweets » de 140 signes vont sauver le journalisme.

 

Propos recueillis par Anouchka Collette

Master Professionnel de Journalisme promotion 2008-2010